Retrofit bus : quelles solutions pour les flottes publiques et privées ?

Lorraine Veron
Mis à jour le 16 sept. 2026
6 minutes

Face aux enjeux de décarbonation du transport et au coût élevé des véhicules neufs, le rétrofit électrique de bus constitue une alternative pour les flottes des collectivités et entreprises. Cette opération consiste à remplacer la motorisation thermique d’un véhicule existant par une solution électrique. Fonctionnement, coût, aides financières : découvrez les principales caractéristiques du rétrofit électrique d’un bus.

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Qu’est-ce que le rétrofit d’un bus ?

Le rétrofit électrique d’un bus consiste à transformer un bus thermique en modèle électrique, tout en conservant son ossature.

Lors de l’opération, le moteur thermique, le réservoir de carburant et différents équipements associés sont retirés. Ils sont remplacés par un moteur électrique, des batteries ainsi que les systèmes nécessaires à leur fonctionnement. Le châssis, la carrosserie et une grande partie des équipements du véhicule sont en revanche conservés.

Autorisée en France depuis avril 2020, cette opération permet de prolonger la durée de vie d’un bus et de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES), sans avoir à investir dans un véhicule neuf.

D’après l’Ademe, investir dans le rétrofit électrique d’un bus permet de réduire de 87 % les émissions de CO2 par rapport à un scénario de conservation d’un bus diesel. Et la réduction est de 37 % par rapport à l’hypothèse d’achat d’un bus électrique neuf.

Pourquoi passer au rétrofit électrique des bus ?

Le rétrofit électrique des bus procure plusieurs avantages aux collectivités et entreprises : respect de la réglementation, réduction de la pollution et baisse des coûts d’exploitation.

Répondre aux évolutions réglementaires

La législation pose des obligations en matière de verdissement des parcs de véhicules, afin de parvenir à la neutralité carbone dans le secteur des transports d’ici 2050.

Ainsi, les collectivités détenant une flotte de plus de 20 bus sont soumises à un renouvellement annuel en faveur des véhicules à faibles émissions (VFE). Concrètement, depuis 2025, tous les bus renouvelés par les collectivités doivent être remplacés par des véhicules à faibles émissions.

Lexique : VFE

Un véhicule à faibles émissions est un véhicule qui émet peu ou pas de CO2 et de polluants, comme les modèles électriques. Pour les bus, la définition du véhicule à faibles émissions dépend de la zone géographique et de la source d’énergie du véhicule. Les bus électriques et à hydrogène sont toujours considérés comme VFE sur tout le territoire, ce qui n’est pas le cas de tous les modèles hybrides par exemple.

Aucune obligation n’est prévue à ce jour pour les flottes de bus des entreprises privées. Toutefois, la législation évoluant en faveur des véhicules peu polluants, il est dans l’intérêt des entreprises privées d’agiàr pour la mobilité électrique sans attendre.

Au-delà des obligations de verdissement des flottes, le développement des zones à faibles émissions (ZFE) dans plusieurs agglomérations françaises favorise également l’adoption de véhicules moins polluants. Le rétrofit permet ainsi d’anticiper les restrictions de circulation visant les motorisations diesel.

Lexique : ZFE

Une zone à faibles émissions (ZFE) est un périmètre dans lequel la circulation des véhicules les plus polluants peut être restreinte ou interdite afin d'améliorer la qualité de l'air.

Réduire les émissions de CO2 et améliorer son bilan environnemental

En passant une flotte de bus à l'électrique, la collectivité ou l'entreprise réduit l'empreinte carbone liée à ses activités de transport.

L’Ademe a comparé l’empreinte carbone d’un bus thermique avec celle d’un bus électrique. Alors que le bus thermique émet 122 gCO2e par km (dont 93 % au moment de son utilisation), le bus électrique n’en émet que 21,7 gCO2e par km (dont 44 % pour son usage).

Outre la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’électrification des bus permet également de diminuer les émissions de polluants atmosphériques et les nuisances sonores. Ces bénéfices sont particulièrement importants dans les zones urbaines denses, où les transports collectifs circulent quotidiennement au plus près des habitants.

Enfin, pour une entreprise, la conversion à l’électrique constitue une action forte à inscrire dans le cadre de sa politique RSE (responsabilité sociétale de l’entreprise).

Diminuer les coûts d’exploitation

Les coûts d'exploitation d'un bus électrique sont généralement inférieurs à ceux d'un modèle thermique.

D’abord, la recharge en dépôt ou sur ligne est moins onéreuse qu’un plein de carburant. Ensuite, les frais d’entretien d’un bus électrique sont plus réduits que ceux d’un bus thermique.

En outre, le moteur électrique étant moins complexe et comportant moins de pièces d’usure, il est plus simple et moins coûteux à entretenir. On estime généralement le coût d’entretien à 28 centimes d’euro par km pour un bus thermique contre 22 c€/km pour un modèle électrique.

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Quel est le coût du rétrofit d’un bus ?

Le prix du rétrofit électrique d’un bus se situe autour de 170 000 €.

À noter qu’il faut ajouter à ce tarif le coût de l’infrastructure de recharge. Par exemple, il faut compter entre 30 000 et 60 000 € HT par borne pour une recharge au dépôt.

En comparaison, l’achat d’un bus électrique neuf coûte entre 450 000 et 600 000 €.

Il est nécessaire également de prendre en compte dès le départ de la nécessité de remplacer la batterie du bus au bout de 9 ans d’utilisation, pour un coût avoisinant les 140 000 € HT, que ce soit pour un bus neuf ou un modèle rétrofité.

Malgré un investissement initial non négligeable, le rétrofit peut offrir un retour sur investissement intéressant pour les gestionnaires de flotte. L’écart de prix avec un bus électrique neuf, combiné à des dépenses réduites en carburant et en maintenance, permet d’amortir progressivement le coût de l’opération de rétrofit. La rentabilité dépend notamment du kilométrage annuel, du prix de l’électricité et des aides financières mobilisées.

Quelles aides financières pour le rétrofit d’un bus ?

La prime accordée dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE) constitue la principale mesure de soutien pour la conversion à électrique d’un bus.

La fiche TRA-EQ-128 vise l’achat, la location longue durée et le rétrofit électrique d’autocars et d’autobus électriques servant au transport de voyageurs.

Le montant versé varie selon plusieurs facteurs : année de l’opération, catégorie de véhicule et taille de l’agglomération. Il oscille de 20 000 à 85 600 € par bus*.

À savoir : L’installation d’infrastructures de recharge peut donner droit à des aides. Le programme Advenir soutient leur installation pour les flottes de poids lourds et certains autocars électriques. Les conditions d’éligibilité dépendent notamment de la catégorie du véhicule et de la nature du projet.

Rétrofit bus ou achat neuf : quelle solution privilégier ?

Dans quels cas le rétrofit est-il plus pertinent ?

La conversion d’une flotte de bus est une solution adaptée lorsque les véhicules sont plutôt récents et les châssis en bon état. Généralement, les véhicules concernés ont généralement entre 7 et 10 ans et affichent un kilométrage compris entre 250 000 et 300 000 km.

C’est aussi une alternative intéressante à l’achat d’un bus neuf en raison de son prix moins élevé.

À noter aussi que la conversion à l’électrique d’un bus prend environ 1 mois alors que la livraison d’un bus neuf peut prendre plusieurs mois.

Quand privilégier l’acquisition d’un bus électrique neuf ?

À l’inverse, il est préférable de se tourner vers l’achat d’un bus électrique neuf lorsque la flotte est ancienne et les châssis en mauvais état.

En outre, si les besoins en autonomie sont particulièrement élevés, il est préférable de privilégier des modèles neufs spécifiques. Pour information, l’autonomie d’un bus rétrofité varie de 150 à 190 km, ce qui suffit à répondre aux trajets quotidiens des bus classiques.

Le choix entre conversion et acquisition d’un bus électrique neuf dépend donc principalement de l’état du parc existant, des besoins en autonomie et du budget disponible. Pour les collectivités et entreprises disposant de véhicules relativement récents, le rétrofit constitue une solution permettant de décarboner progressivement leur flotte tout en maîtrisant leurs investissements.

*La réglementation CEE change régulièrement ! Le montant et la caractérisation de la prime CEE mentionnés ici sont indicatifs. Nous vous invitons à toujours faire chiffrer et vérifier l'éligibilité et le calcul des primes CEE par vos référents Hellio

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