Comment électrifier la flotte automobile de sa PME ?

Lorraine Veron
Mis à jour le 3 mars 2026
6 minutes

En France, l’électrification des flottes professionnelles est en plein essor. Mais quels sont les avantages de l’électrification pour une PME (petite et moyenne entreprise) ? Quelles étapes suivre pour y parvenir et surtout, quelles aides financières sont disponibles ? Cet article fait le point pour comprendre et réussir l’électrification de sa flotte de véhicules.

N’attendez plus pour décarboner votre flotte de transport

Pourquoi effectuer l’électrification d’une flotte de PME ?

Électrifier ses modes de transport donne plusieurs avantages à une PME sur le plan financier, pratique, mais également du point de vue de l’image de l’entreprise.

Les gains financiers pour la PME

Le véhicule électrique présente un coût total de possession moindre par rapport à la voiture thermique.

Si le prix d’achat d’un véhicule électrique est élevé, à partir de 25 000 € selon les modèles, le coût du carburant et de l’entretien fait baisser la facture.

Pour une PME, investir dans l’électrique permet donc de faire des économies à long terme.

Justement, selon une étude d’IPSOS, près de 30 % des entreprises interrogées indiquent être passées à l’électrique pour le coût de possession inférieur par rapport au véhicule thermique.

Lexique Hellio

Le coût total de possession, TCO pour « Total Cost of Ownership » correspond à la somme de tous les coûts relatifs au véhicule, sur l’ensemble de la période d’utilisation : prix d’achat ou montant du loyer, charges fiscales, coût de l’énergie et de l’entretien, prix de l’assurance.

L’amélioration de l’image de l’entreprise

L’électrification de la flotte de l’entreprise peut tout à fait constituer une action réalisée dans le cadre de la politique RSE (responsabilité sociétale de l’entreprise) de la PME.

La décarbonation des transports montre également l’engagement de l’entreprise en faveur de la transition énergétique, ce qui améliore son image de marque auprès de ses clients et fournisseurs.

Et pour les collaborateurs, rouler en électrique permet une conduite plus agréable, car silencieuse et sans émission polluante.

Un avantage pratique

Pour une PME, disposer d’une flotte électrique permet de circuler partout, toute l’année, même dans les zones à faibles émissions (ZFE).

Situées dans les grandes villes, ces zones limitent la circulation des véhicules sur une période définie, afin de limiter la pollution de l’air.

Les véhicules électriques ne sont pas concernés par ces limitations de circulation, ce qui sécurise les déplacements professionnels de l’entreprise.

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Comment procéder pour électrifier le parc automobile de sa PME ?

La décarbonation d’une flotte de transport doit se faire par étapes au sein d’une entreprise.

L’analyse des besoins de l’entreprise

Passer d’un parc de véhicules thermiques à des modèles électriques ne se fait pas du jour au lendemain. Avant de rouler à l’électrique, l’entreprise ne peut pas faire l’impasse sur la phase d’analyse de ses besoins, afin que la nouvelle flotte réponde parfaitement à son activité.

Pour cela, il est nécessaire de connaître :

  • Le nombre de conducteurs qui utilisent les véhicules de l’entreprise ;
  • La fréquence d’utilisation des voitures et le type de parcours fréquemment effectué (en ville, sur autoroute) ;
  • La distance des trajets quotidiens des véhicules.

Sur la base de ces données, il est possible de mettre en place la stratégie d’électrification de la flotte.

L’élaboration du plan d’électrification

L’entreprise doit ensuite faire le choix des modalités d’intégration de véhicules électriques dans sa flotte. Il est nécessaire de choisir :

  • La part de véhicules électriques à intégrer à court terme dans l’entreprise, puis à moyen et long terme. Généralement, le verdissement de la flotte ne se fait pas en une seule étape.
  • Les modalités de l’électrification de la flotte : achat, location ou rétrofit électrique , lequel consiste à installer un kit homologué sur un véhicule thermique pour le transformer en modèle électrique.
  • Le type de véhicule choisi : la marque et le modèle sont déterminés en fonction des besoins de l’entreprise. Au-delà du prix du véhicule, l’autonomie de la batterie est souvent un critère déterminant.
  • Le mode de financement avec la mobilisation des aides à préparer.

L’installation d’une infrastructure de recharge

Le passage à l’électrique dans une entreprise s’accompagne de la pose de bornes de recharge.

Il est important de déterminer le nombre de chargeurs nécessaires afin de permettre la rotation des recharges entre les véhicules. La puissance de la recharge a également un élément important puisqu’elle a un impact direct sur la durée du chargement.

L’entreprise peut s’équiper d’un système de recharge classique ou d’une station de recharge rapide. Généralement, les prix varient de 1000 à 15 000 € selon le modèle choisi.

Réglementation : en vertu de la loi LOM, les bâtiments non résidentiels neufs ou qui font l’objet d’une rénovation importante et qui disposent d’un parking de plus de 10 places doivent désormais prévoir le pré-équipement d’au moins 20 % de leurs places de stationnement. Il s’agit d’installer tout le matériel permettant d’installer facilement une borne de recharge ultérieurement.

Quelles sont les aides disponibles pour l’électrification des véhicules d’une PME ?

En matière d’électrification des mobilités, les aides évoluent constamment.

Le programme Advenir, dédié au financement des infrastructures de recharge n’est plus applicable aux entreprises souhaitant installer des bornes de recharge non accessibles au public.

En outre, la prime à la conversion a été supprimée pour tous les véhicules et le bonus écologique n’est plus ouvert aux véhicules particuliers neufs des personnes morales.

Il existe tout de même encore plusieurs dispositifs pour soutenir les PME dans leur effort en matière de mobilité décarbonée.

La prime CEE

L’entreprise peut prétendre au bénéfice de la prime CEE (Certificat d’Économies d’Énergie) dédiée à l’achat ou la location d’un véhicule électrique.

Le contrat doit être signé avant le 1er janvier 2030 et porter soit sur l’achat, soit une location longue durée (au moins 24 mois), soit sur le rétrofit électrique d’un véhicule léger.

Le montant de la prime dépend de plusieurs facteurs tels que la taille de la flotte de l’entreprise et la catégorie du véhicule électrique choisi (véhicule particulier ou véhicule utilitaire).

La déduction fiscale avantageuse pour l’achat du véhicule électrique

Pour inciter les entreprises à passer à l’électrique, une mesure fiscale avantageuse a été mise en place. Il s’agit de leur permettre de déduire de leur résultat l’amortissement lié au prix d’acquisition du véhicule électrique.

Un plafond est fixé en fonction du niveau d’émission de CO2 du véhicule :

  • 30 000 € pour des émissions < à 20 g ;
  • 20 300 € pour des émissions comprises entre 20 et 49 g selon le barème WLTP ou de 20 à 59 g selon le barème NEDC.
L’info Hellio

Si la première immatriculation du véhicule est antérieure au 1er mars 2020, la norme NEDC s’applique. Après cette date, il faut utiliser la norme WLTP.

Le calcul préférentiel de l’avantage en nature

Lorsqu’une entreprise met à disposition de ses collaborateurs un véhicule électrique pour leurs déplacements professionnels et personnels, il s’agit d’un avantage en nature soumis à l’impôt sur le revenu pour le salarié et à des charges patronales pour l’entreprise.

Avec un véhicule électrique, le calcul de l’avantage en nature bénéficie d’un régime avantageux qui consiste en un abattement supplémentaire, permettant de réduire l’impôt sur le revenu et les charges patronales.

Pour chiffrer cet avantage, il faut déterminer si la mise à disposition du véhicule a eu lieu avant ou après le 1er février 2025.

Avant le 1er février 2025, l’abattement est de 50 % dans la limite de 2 000,30 €/an, pour les avantages au forfait ou au réel.

Après le 1er février 2025, un abattement de 70 % est appliqué sur le barème des avantages en nature relatif aux véhicules dans la limite de 4 582 €/an pour un avantage en nature au forfait. Pour un avantage en nature au réel, l’abattement reste à 50 % dans la limite de 2 000,30 €/an. (Source : URSSAF).

À noter : les frais d’électricité payés par l’entreprise n’entrent pas dans le calcul de l’avantage en nature contrairement aux frais de carburant pour les véhicules thermiques.

L’exonération de taxes

L’État a mis en place certaines taxes à l’égard des véhicules polluants : la taxe annuelle sur les émissions de CO2 et la taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques.

Les véhicules électriques sont naturellement exonérés du paiement de ces taxes, ce qui constitue un avantage intéressant pour l’entreprise.

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