Effet de serre : définition, fonctionnement et impacts

Grégoire Bénavent
Mis à jour le 12 mai 2026
6 minutes

L’effet de serre est un processus naturel favorisant le développement de la vie sur Terre. Mais le rejet d’émissions de gaz à effet de serre par les activités humaines crée un déséquilibre à l’origine du réchauffement climatique. À l’heure où les enjeux de décarbonation sont plus forts que jamais, le fonctionnement concret de l’effet de serre reste assez largement incompris. Découvrez la définition de ce phénomène, comment les activités humaines l’amplifient, ainsi que les conséquences du réchauffement climatique.

Qu’est-ce que l’effet de serre ?

L’effet de serre est un phénomène naturel qui contribue à réchauffer le climat sur Terre. Il repose sur l’action de gaz – les fameux gaz à effet de serre – qui se trouvent dans l’atmosphère. Ces gaz disposent d’une propriété leur permettant d’absorber et d’émettre certaines longueurs d’onde du rayonnement infrarouge. Grâce à cette faculté, la surface de la Terre retient une partie de la chaleur provenant des rayons du Soleil.

Le chiffre Hellio : - 18°C

Sans l’effet de serre, la température moyenne à la surface de la Terre serait d’environ -18 °C. On considère généralement que la température globale actuelle est de 15 °C. L’effet de serre contribuerait ainsi à réchauffer notre planète de près de 33 °C.

Comment fonctionne l’effet de serre ?

Les rayons du Soleil qui traversent l’atmosphère viennent frapper la Terre et augmenter sa température. En réponse, la surface du globe renvoie cette énergie en direction de l’espace sous la forme de rayonnement infrarouge. Mais lorsque ces radiations arrivent dans l’atmosphère, elles rencontrent les fameux GES (gaz à effet de serre).

Ces gaz absorbent une partie des ondes infrarouges, avant de les réémettre dans toutes les directions. Une fraction du rayonnement retourne alors vers la surface de la Terre. Ce phénomène permet de retenir une plus grande quantité d'ondes infrarouges sur la planète. La perte de chaleur vers l’espace est ainsi ralentie et la température moyenne sur Terre augmente davantage.

L'astuce Hellio

Malgré son nom, l’effet de serre est bien différent de la vitre d’une serre qui limite les déplacements d’air et diminue la convection. Au contraire, il repose sur des échanges dynamiques de rayonnements infrarouges entre la surface de la Terre et l’atmosphère.

Quels sont les principaux gaz à effet de serre ?

Voici un tableau représentant les principaux gaz à effet de serre. Il précise l’origine naturelle, anthropique (causée par l’homme) ou mixte de leur émission, ainsi que leur potentiel de réchauffement global sur 100 ans (PRG-100).

Gaz à effet de serre

Source

Potentiel de réchauffement global (PRG-100)

Vapeur d’eau (H2O)

Naturelle (en immense majorité)

Effet de serre très important, mais pas de PRG à proprement parler

Dioxyde de carbone (CO2)

Naturelle et anthropique

1

Méthane (CH4)

Naturelle et anthropique

27,9

Protoxyde d’azote (N2O)

Naturelle et anthropique

273

Ozone troposphérique (O3)

Naturelle et anthropique

/

Gaz fluorés (dont HFCs, PFCs, SF6, NF3)

Anthropique

Entre 0,004 et 25 200

Source : 6e rapport du GIEC, cité par le rapport Secten 2025 (page 28)

L’info Hellio

L’ozone troposphérique n’a pas de source d’émission directe et n’est pas comptabilisé dans les exercices de comptabilité carbone. Il résulte d’une réaction entre la lumière du soleil et d’autres polluants, dont certains gaz à effet de serre d’origine humaine. Pour en savoir plus sur ce GES peu médiatisé, consultez l’article dédié à l’ozone troposphérique publié par la Climate & Clean Air Coalition.

Moins de dépenses énergétiques, moins de gaz à effet de serre

Comment mesurer l’impact d’un gaz à effet de serre ?

Pour comprendre la contribution de chaque gaz sur l’effet de serre global, le PRG-100 n’est pas suffisant. Il doit directement être corrélé à la quantité de gaz à effet de serre présent dans l’atmosphère. Le dioxyde de carbone n’a pas le PRG le plus élevé, mais il a été émis en de très grandes quantités. Le CO2 est ainsi le principal contributeur anthropique à l’effet de serre, suivi par le méthane.

La vapeur d’eau : un amplificateur indirect d’effet de serre

La vapeur d’eau, de son côté, est le gaz à effet de serre le plus important de tous. Pourtant, elle n’est que très peu émise directement par les activités humaines. Le réchauffement de la planète causé par les autres émissions augmente l’évaporation et donc la concentration de vapeur d’eau dans l’atmosphère. Ce gaz à effet de serre naturel très puissant contribue à son tour au réchauffement climatique, ce qui augmente davantage l’humidité atmosphérique.

Comme la vapeur d’eau a une durée de vie dans l’atmosphère de seulement quelques jours, elle ne crée pas vraiment de forçage radiatif. On considère plutôt qu’elle agit comme un amplificateur de l’effet de serre provoqué par les autres GES. Ce type de phénomène auto-entretenu est appelé « boucle de rétroaction positive ».

L’astuce Hellio

Lors du calcul de GES d’une organisation, la vapeur d’eau et l’ozone sont exclus du bilan. La principale exception concerne le secteur aérien. Les entreprises de ce domaine doivent prendre en compte l’effet de l’émission de vapeur d'eau (H2O) liée aux traînées de condensation des avions, lors d’un Bilan Carbone®.

Comment les activités humaines amplifient l’effet de serre ?

L’effet de serre sera toujours actif et ne présente pas de danger en soi. Malgré son action de réchauffement climatique, le bilan radiatif de la Terre est naturellement plutôt équilibré. Cela signifie que la planète reçoit à peu près autant d’énergie qu’elle en perd. Cette situation permet habituellement de stabiliser la température moyenne du globe. Mais les activités humaines, en particulier depuis la révolution industrielle, ont perturbé ce cycle.

Les déplacements, la production industrielle ou encore l’agriculture intensive ont pour effet de libérer des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Cela a pour conséquence d’augmenter la concentration des GES naturellement présents, comme le CO2, le CH4 ou encore le N2O. Mais ces activités ont aussi introduit de nouveaux gaz à effet de serre dans l’atmosphère, comme les gaz fluorés (HFCs, PFCs SF6, NF3, etc.). Chaque année, la concentration des GES augmente, ce qui accroît d’autant plus l’effet de serre global.

Quelles sont les conséquences de l’augmentation de l’effet de serre ?

L’amplification de l’effet de serre due à la prolifération des émissions de gaz anthropiques est directement à l’origine du réchauffement climatique. Et les conséquences sont nombreuses pour l’environnement et la société. La multiplication des phénomènes climatiques extrêmes en est l’exemple le plus frappant. Les vagues de chaleur, sécheresses et incendies sont de plus en plus fréquents. Dans certaines régions, on observe une augmentation des précipitations accrues et des épisodes de pluies torrentielles. Le réchauffement climatique diminue également la disponibilité en eau douce et met la biodiversité sous haute pression.

À l’instar de la vapeur d’eau, d’autres boucles de rétroaction positives peuvent se mettre en place. Ces phénomènes continuent à alimenter l’atmosphère en gaz à effet de serre, même sans action humaine. Évidemment, le changement climatique et ses effets ont de nombreux impacts sociaux sur la santé, l’habitat ou encore l’emploi. C’est pourquoi l’adaptation aux conséquences du réchauffement global constitue un enjeu vital pour les sociétés de demain.

L’info Hellio

Les conséquences du changement climatique sont nombreuses et complexes à détailler. Pour avoir un aperçu digeste des principaux impacts, vous pouvez consulter cet article de la Commission européenne.

Comment retrouver la neutralité carbone ?

La neutralité carbone correspond à un état d’équilibre entre les GES émis dans l’atmosphère et ceux qui en sont retirés puis stockés par les puits de carbone. Atteindre cet objectif permettrait de stopper le réchauffement du climat et d’atteindre un nouvel équilibre radiatif planétaire. Pour y parvenir, des efforts conséquents au niveau mondial sont nécessaires.

Il est impératif de réduire au strict minimum les émissions de gaz à effet de serre des activités humaines. Les émissions dites résiduelles, qui ne peuvent pas être éliminées, devront être compensées par les puits de carbone naturels et artificiels. Dans le cadre de l’Accord de Paris, de nombreux États mettent en place des contributions nationales aux objectifs de décarbonation. Mais les entreprises, collectivités et associations peuvent aussi agir au niveau de leur organisation.

Amorcer sa transition commence par la réalisation d’un bilan carbone de ses activités. En fonction des sources d’émission identifiées, il est nécessaire de se fixer des objectifs ambitieux et réalistes. Les organisations peuvent alors créer un plan de transition comprenant des actions à court, moyen et long terme. Selon le niveau de maturité de sa structure, il est possible de se faire accompagner lors de sa démarche.

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