L’objectif de décarbonation du secteur du transport routier à l’horizon 2050 fixé par la loi d’orientation des mobilités (LOM) du 24 décembre 2019 doit conduire au verdissement des flottes de véhicules. Les entreprises privées de livraison doivent participer à cette transition. Quels sont les avantages de la mobilité électrique et comment convertir la flotte d’une entreprise logistique ? Hellio vous dit tout sur la marche à suivre et les aides disponibles.
Pourquoi engager l’électrification d’une flotte de livraison ?
Aujourd’hui, les entreprises de livraison ne sont pas soumises à une obligation de verdissement de leur flotte de poids lourds. La loi LOM vise uniquement l’électrification des 2 et 3 roues à moteur pour les plateformes de livraison de plus de 50 travailleurs. Pour autant, passer à l’électrique présente plusieurs avantages pour une entreprise.
Garantir la livraison sur tout le territoire
Disposer d’une flotte de camions électriques pour la livraison de marchandises permet de circuler partout en ville, même dans les zones à faibles émissions mobilité (ZFE ou ZFE-m), grâce à la catégorie Crit’Air « zéro émission moteur » délivrée aux poids lourds électriques ou aux véhicules utilitaires (VUL) électriques. C’est un atout majeur puisqu’en 2025, 32 agglomérations ont mis en place le système des ZFE.
une ZFE est une zone dans laquelle la circulation des véhicules peut être limitée afin de réduire la pollution atmosphérique.
Améliorer l’image de marque de l’entreprise
22 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le secteur des transports intérieurs proviennent des poids lourds, tandis que les véhicules utilitaires légers (VUL) sont responsables de 15 % de ces émissions.
Les entreprises logistiques doivent donc participer à la transition énergétique du secteur des transports, et agir en ce sens améliore l’image de marque de l’entreprise.
En communiquant autour des actions de verdissement de leur flotte, les entreprises prouvent qu’elles participent à l’amélioration de la qualité de l’air et à la réduction des nuisances sonores liées au trafic routier.
Les économies générées par la mobilité électrique
Électrifier une flotte logistique suppose un investissement élevé. Toutefois, la rentabilité du projet doit s’apprécier au regard des économies liées à l’utilisation des véhicules.
En effet, un moteur électrique est plus simple de conception par rapport à un modèle thermique, ce qui facilite son entretien. Le coût de maintenance d’un poids lourd électrique s’en trouverait réduit d’environ 30 % par rapport à un poids lourd thermique (Source : CNR).
Comment procéder pour électrifier sa flotte logistique ?
Une entreprise logistique qui souhaite investir dans la mobilité décarbonée dispose de 3 options :
- L’achat : il faut compter environ 300 000 € HTVA pour un porteur de 19 tonnes et 46 000 € HTVA pour un véhicule utilitaire léger (VUL) de 3,5 tonnes (Source : CNR).
- La location longue durée, qui permet de disposer d’une flotte de véhicules de livraison électrique moyennant le paiement de mensualités. Les contrats de location peuvent prévoir des options de maintenance des véhicules.
- Le rétrofit électrique, qui consiste à transformer une flotte de camions thermiques en véhicules électriques, via la dépose du réservoir d’essence et du moteur thermique et la pose d’un kit de rétrofit comprenant un système de batteries et un moteur électrique. Ce procédé permet de réutiliser l’enveloppe (« le planeur ») des véhicules tout en électrifiant sa flotte.
Quelles sont les aides disponibles pour l’électrification des flottes de livraison ?
Aujourd’hui, le coût d’achat d’un poids lourd électrique est 2 à 3 fois plus élevé que celui d’un modèle thermique. Pour un véhicule utilitaire électrique, il faut compter un budget 1,5 à 2 fois plus élevé qu’un modèle thermique (Source : CNR).
Obtenir des aides est donc indispensable pour faire baisser la facture.
Les aides dédiées aux véhicules de logistique
La prime CEE
Dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE), une prime CEE est prévue pour l’achat ou la location d’un véhicule lourd électrique neuf de transport de marchandises ou issu d’une opération de rétrofit électrique.
Les véhicules concernés sont ceux de type N2 et N3, c’est-à-dire ceux prévus pour le transport de marchandises et dont le poids est supérieur à 3,5 tonnes.
L’opération d’achat ou de rétrofit doit intervenir avant 2030.
Une prime est également dédiée à l’achat, la location de 24 mois minimum ou le rétrofit électrique de véhicules utilitaires électriques.
Le suramortissement du véhicule électrique
Le suramortissement d’un véhicule propre permet à une entreprise de déduire de ses résultats imposables le surcoût que représente ce type de véhicule. Le suramortissement est calculé en fonction de l’écart de prix entre les modèles de véhicules électriques et thermiques. Les pourcentages de déduction sont les suivants :
- 40 % du surcoût pour les véhicules de 2,6 à moins de 3,5 tonnes.
- 115 % pour les véhicules de 3,5 à moins de 16 tonnes.
- 75 % pour les véhicules d’au moins 16 tonnes (source : Légifrance).
À noter : le rétrofit électrique bénéficie également du suramortissement.
L’aide pour l’installation d’une borne de recharge
Le programme Advenir dédié à l’aide à l’installation d’une borne de recharge est accessible aux entreprises pour les infrastructures de recharge de poids lourds.
Le montant peut atteindre 50 % du montant HT des fournitures, matériels et travaux, dans la limite de 15 000 € par point de recharge, lorsque la puissance de raccordement est inférieure à 500 kVA.
Si la puissance est supérieure à 500 kVA, le montant de la prime peut atteindre 960 000 €.