Crise du logement, flambée des prix de l’énergie, baisse du pouvoir d’achat… Quelles priorités énergétiques pour les Français à un an de l’élection présidentielle ?
- À l’heure où les enjeux de pouvoir d’achat s’imposent au cœur des préoccupations quotidiennes, les questions énergétiques cristallisent des arbitrages de plus en plus concrets pour les Français. Ces dynamiques prennent une résonance particulière dans la perspective de la prochaine élection présidentielle de 2027.
- En effet, les attentes autour de la protection du pouvoir d’achat, de la souveraineté énergétique et de l’efficacité des politiques publiques apparaissent désormais étroitement liées et structurantes dans le débat à venir.
- Dans ce contexte, le groupe Hellio, acteur expert de la maîtrise de l’énergie, a souhaité mieux comprendre les évolutions du regard des Français sur l’énergie et leurs attentes en matière de transition et d’accompagnement.
- À travers une étude Ifop pour Hellio1, l’énergie apparaît désormais comme un enjeu économique et social, avant d’être un enjeu écologique, la maîtrise des coûts s’imposant comme une priorité centrale.
- 79 % des Français placent la lutte contre la hausse des factures d'énergie en tête de leurs priorités énergétiques (+13 pts en 4 ans).
- 45 % estiment que leurs dépenses d'énergie pèsent lourdement sur leur budget mensuel ; 27 % renoncent souvent aux vacances, 15 % à leur voiture, 12 % à des achats alimentaires, 8 % à des soins médicaux à cause de leur facture d’énergie.
- 57 % sont sensibles aux économies d'énergie au point de réduire partiellement leur confort.
- 89 % déclarent que les conflits internationaux renforcent leurs inquiétudes sur l'énergie.
- 42 % considèrent l'énergie nucléaire comme la plus intéressante pour l'avenir de la France (+10 pts en 1 an).
- 83 % jugent prioritaire la rénovation énergétique des logements, mais l'intention de travaux tombe à 37 % (-6 pts vs 2022).
- 50 % estiment les aides à la rénovation mal ciblées ; seulement 45 % se sentent suffisamment accompagnés pour engager des travaux.
- 30 % des électeurs considèrent les questions d'énergie et d'environnement comme déterminantes pour leur vote à la présidentielle.
L’énergie devient avant tout une question de pouvoir d’achat
Dans un contexte de tensions sur le pouvoir d’achat et de pression sur les budgets des ménages, la lutte contre la hausse des factures d’énergie s’impose désormais comme la première priorité énergétique des Français : 79 % la jugent « tout à fait prioritaire », soit 13 points de plus qu'en 2022, loin devant l'indépendance énergétique (72 %) et la sécurité nucléaire (67 %). À l'inverse, le développement des énergies renouvelables, longtemps emblème du débat énergétique, recule de 10 points en quatre ans (51 %).
Ce résultat traduit un renversement de hiérarchie dans un contexte économique marqué par des arbitrages de plus en plus contraints : l’énergie n’est plus seulement appréhendée sous l’angle de la transition ou de la souveraineté, mais comme un enjeu économique immédiat qui pèse sur les choix du quotidien.
Au-delà de la perception des priorités, l’étude met en évidence un impact concret sur le quotidien : 45 % des Français déclarent que les dépenses d’énergie pèsent lourdement sur leur budget mensuel.
L’énergie devient ainsi un facteur structurant des arbitrages de consommation :
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27 % déclarent renoncer aux vacances
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15 % à l’usage d’une voiture
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12 % à certains achats alimentaires
Des renoncements qui touchent à des besoins essentiels, et qui progressent. 57 % des Français déclarent par ailleurs être sensibles aux économies d'énergie au point de réduire partiellement leur confort, une sobriété davantage subie que choisie pour une large part de la population.
Réduire sa consommation : la rénovation énergétique, un levier prioritaire qui ne se traduit pas encore en “passage à l’acte”
Dans un contexte de pression persistante sur le pouvoir d’achat et de recherche de solutions concrètes pour réduire durablement les dépenses d’énergie des ménages, la rénovation énergétique s’impose très largement comme une priorité.
83 % des Français jugent prioritaire la rénovation énergétique des logements. C'est la mesure jugée la plus efficace pour réduire la consommation d'énergie en France, devant la rénovation énergétique des bâtiments publics (77 %), le développement des énergies renouvelables (71 %), le développement des transports durables (70 %) ou la sobriété et la réduction des usages (62 %). Pourtant, dans un contexte où les arbitrages financiers sont de plus en plus contraints pour les ménages, cette conviction ne se traduit pas en passage à l'acte : seuls 37 % des Français déclarent envisager des travaux de rénovation énergétique, soit un recul de 6 points par rapport à 2022.
Ce décalage s’explique en partie par un déficit d’accompagnement opérationnel dans un environnement où la complexité des démarches constitue un frein important : seuls 45 % se sentent suffisamment informés et accompagnés pour engager des travaux. Il reflète également une perception critique de l’efficacité des aides : 50 % estiment que les aides à la rénovation sont mal ciblées. À l’inverse, seuls 7 % considèrent ces aides comme suffisantes et bien ciblées. L'obstacle ne réside donc pas dans le désir de rénover mais dans la complexité perçue du parcours, le manque de lisibilité des dispositifs et l'absence d'un accompagnement de bout en bout.
Dans un contexte de tensions internationales durables et d’une instabilité géopolitique qui pèse directement sur les politiques énergétiques, les Français perçoivent de plus en plus l’énergie comme un enjeu de sécurité et de souveraineté nationale. Dans ce cadre, 89 % des Français estiment que les conflits en cours renforcent leurs inquiétudes concernant l'énergie.
Cette inquiétude, alimentée par un contexte de dépendance et d’incertitudes sur les approvisionnements, se traduit par un regain d’intérêt net pour le nucléaire, désormais considéré comme une réponse structurante pour l’avenir du mix énergétique français. Interrogés sur le type d'énergie jugé « le plus intéressant pour l'avenir de la France », 42 % des Français citent le nucléaire en premier (+10 points en un an), loin devant le solaire (20 %, -9 points), traduisant un repositionnement des priorités énergétiques dans un contexte de tension internationale.