Impact carbone : définition, calcul et leviers de réduction

Grégoire Bénavent
Mis à jour le 18 août 2026
7 minutes

Chaque produit, service, activité ou organisation est associé à des émissions de gaz à effet de serre. Pour les diminuer et s’inscrire dans une trajectoire bas carbone crédible, il est essentiel de comprendre et de mesurer ces impacts. Cet article revient sur la définition du concept d’impact carbone, sur les méthodes de calcul associées et sur les leviers de réduction disponibles à chaque niveau.

Qu’est-ce que l’impact carbone ?

L’impact carbone correspond à la quantité de gaz à effet de serre (GES) émise par un produit, un service, une activité, une personne ou une organisation. Il s’agit en réalité d’un autre nom donné au concept d’empreinte carbone. Au niveau d’un produit ou d’un service, l’impact carbone mesure l’ensemble des GES émis à chaque étape de son cycle de vie. Cela comprend les phases suivantes :

  • extraction des matières premières ;
  • fabrication et assemblage du produit ;
  • transport et distribution du produit ;
  • utilisation du produit ;
  • fin de vie du produit.

L’impact carbone d’un bien ou d’une activité s’exprime par un facteur d’émission. Ce ratio compare une donnée physique à une quantité d’émissions exprimée en équivalent CO2.

Voici quelques exemples d’impacts carbone de produits, services et activités, recensés par le site de référence Impact CO2.

Produit, service ou activité

Impact carbone (facteur d’émission)

Détail des hypothèses retenues

Smartphone

80,2 kg CO2eq par unité

Écran moyen de 6,63 pouces, mix des technologies LCD et OLED, 8 Go de RAM, 210 Go de mémoire. Moyenne des usages d'un smartphone personnel et professionnel.

Viande de bœuf

28 kg CO2eq par kg de viande

Moyenne des facteurs d’émission de la côte de bœuf, l’entrecôte, la langue de bœuf, la bavette, l’épaule de bœuf, la joue de bœuf.

1 h de visioconférence

78,9 g CO2eq par réunion

10 participants utilisant des ordinateurs portables. Audio en basse définition et utilisation de la Wifi. Construction des PC non prise en compte.

Trajet en voiture thermique

218 g CO2eq par km parcouru

Conducteur seul dans le véhicule.

L’impact carbone d’une entreprise, d’une collectivité ou encore d’une association correspond, quant à lui, à son bilan carbone. Cet inventaire de gaz à effet de serre doit cependant comprendre l’ensemble des émissions de scopes 1, 2 et 3 pour représenter l’empreinte carbone de l’organisation en question.

L’info Hellio

Au niveau d’un pays, l’empreinte carbone représente les émissions liées à sa consommation intérieure, y compris les émissions indirectes associées aux importations. Elle utilise cependant sa propre méthodologie de calcul et on parle rarement d’impact carbone pour s’y référer.

Pourquoi calculer l’impact carbone d’un produit ou d’un service ?

Calculer l’impact carbone d’un produit ou d’un service permet de faire un état des lieux sur les sources d’émission associées à ces derniers. Il s’agit de la première étape pour réduire l’empreinte d’un produit existant en adoptant une démarche d’écoconception. Dans un contexte où les consommateurs et les parties prenantes sont très attentifs aux démarches environnementales des entreprises, il y a également un enjeu de compétitivité.

Une organisation qui calcule l’impact carbone de ses produits dispose de données fiables pour communiquer sur sa démarche. Un produit peu émetteur bénéficie d’un avantage compétitif sur les articles similaires dont l’impact carbone est important ou n’a pas été estimé. Enfin, calculer l’empreinte carbone d’un bien ou d’un service spécifique permet de créer des facteurs d’émission (FE) très précis, afin d’améliorer la fiabilité de son bilan carbone. Cela peut notamment s’avérer utile dans le secteur de l’industrie ou pour les produits très spécifiques sans facteur d’émission disponible.

Le chiffre Hellio : 73 %

Il s’agit du pourcentage de Français qui se déclarent mobilisés pour réduire l’impact de leur consommation. Ce chiffre provient du Baromètre de la Consommation Responsable 2025 publié par GreenFlex et l’ADEME.

Hellio et Akéa Énergies réalisent votre bilan carbone

Comment calculer l’impact carbone d’un produit ou d’un service ?

Le meilleur moyen de calculer l’impact carbone d’un produit ou d’un service est de réaliser une analyse de cycle de vie (ACV). Basé sur les normes internationales ISO 14040 et 14044, ce processus permet d’estimer les émissions de GES associées à un bien ou à une prestation. Mais un ACV complet a l’avantage de traiter également les autres aspects et impacts environnementaux potentiels relatifs à un produit.

L’Union européenne recommande l’utilisation de la méthode PEF (Product Environmental Footprint) pour réaliser son analyse de cycle de vie. Elle utilise 16 indicateurs d’impact sur le climat, la biodiversité, la santé environnementale et les ressources. La méthode PEF vise à uniformiser les ACV et à améliorer la qualité des analyses, ainsi que la comparabilité des données. À l’issue de l’évaluation, un score PEF est attribué en comparant les impacts du produit ou du service étudié à la base de données de l’UE.

Pour les entreprises ne souhaitant pas se lancer dans une démarche d’analyse du cycle de vie complète, il existe des alternatives. Pour calculer uniquement l’impact carbone d’un produit ou d’un service, il est possible de se référer à la norme ISO 14067. Une autre option est de réaliser une ACV simplifiée. Pour cela, les organisations peuvent utiliser des outils comme le Bilan Produit® de l’ADEME ou encore créer leur méthodologie en interne.

L’info Hellio

L’Association pour la transition bas carbone (ABC) travaille actuellement sur l’adaptation de la méthode Bilan Carbone® au périmètre d’un produit.

Comment calculer l’impact carbone d’une organisation ?

Plusieurs approches existent pour calculer l’impact – ou empreinte – carbone, au niveau d’une organisation. En France, la méthode Bilan Carbone® est l’outil le plus connu et utilisé pour estimer les émissions associées au fonctionnement d’une structure. Pour connaître l’empreinte carbone de son organisation, il est cependant obligatoire de choisir un niveau de maturité « Standard » ou « Avancé ». En effet, le Bilan Carbone® Initial impose la comptabilisation de seulement 80 % des émissions de GES indirectes.

D’autres méthodologies de comptabilité carbone permettent de calculer l’impact d’émissions de GES d’une entreprise ou d’une collectivité. On peut notamment citer la méthode réglementaire BEGES, le GHG Protocol ou encore la norme ISO 14064-1 (complétée par l’ISO/TR 14069).

L’info Hellio

Des outils existent également pour estimer l’impact carbone annuel des individus. Le calculateur Nos Gestes Climat, développé par l’ADEME, en fait notamment partie.

Comment réduire l’impact carbone de son organisation ?

Pour réduire l’impact carbone de son organisation, la première étape est évidemment de réaliser un bilan de gaz à effet de serre complet. Une fois l’inventaire réalisé, l’analyse des postes d’émission permet d’identifier les activités les plus émettrices. L’entreprise ou encore la collectivité doit ensuite arbitrer les actions de décarbonation à prioriser, en fonction de son profil et de son secteur.

Pour créer sa stratégie de transition bas carbone à partir de son bilan, il est possible d’utiliser une méthodologie dédiée, comme ACT Pas à Pas. Cette démarche, portée par l’initiative ACT, est d’ailleurs parfaitement cohérente avec la définition d’objectifs de décarbonation de la SBTi (Science Based Targets initiative). Au niveau d’un produit ou d’un service, la logique est similaire. Il suffit de remplacer le bilan carbone par une analyse de cycle de vie. Les résultats mettent en lumière l’impact carbone des différentes sources d’émission, et ce, à chaque étape.

Réduire l’impact carbone de ses activités en adoptant des bonnes pratiques

Les actions de décarbonation à réaliser en priorité varient d’une organisation à une autre. Il existe cependant des leviers généralistes et des bonnes pratiques applicables par la majorité des entreprises et des acteurs publics. À titre d’exemple, toute organisation peut réduire son impact carbone en limitant sa consommation énergétique. Cela passe par la promotion de gestes de sobriété, la création d’un plan de mobilité ou encore l’amélioration de l’efficacité énergétique des différents locaux.

Le remplacement d’énergies carbonées par des sources d’énergie plus durables (solaire, éolien, pompes à chaleur) est également un levier évident, pour les organisations concernées. D’autres actions faciles à mettre en place comprennent la création d’une politique d’achats plus responsable, la sensibilisation des collaborateurs ou encore l’amélioration de la gestion des déchets.

Réduire l’impact carbone d’un produit ou d’un service avec l’écoconception

Une fois qu’une ACV a été réalisée, l’organisation doit identifier des leviers de décarbonation appropriés au profil du produit ou du service. La roue de la stratégie d’écoconception – aussi appelée roue de Brezet – est un excellent outil pour trouver des pistes. Elle propose 8 types de leviers pour réduire l’ensemble des impacts environnementaux associés à un produit ou à un service, à savoir :

  1. Le développement d’un nouveau concept ;
  2. La sélection de matériaux ayant moins d’impact ;
  3. La réduction de la quantité de matière/ressources ;
  4. L’optimisation des techniques de production ;
  5. L’optimisation de la logistique ;
  6. La réduction de l’impact de la phase d’utilisation du produit ;
  7. L’optimisation de la durée de vie du produit ;
  8. L’optimisation de la fin de vie du système.

Dans son guide sur l’écoconception, l’ADEME décrit 42 leviers de « niveau 2 » basés sur les thématiques de la roue de Brezet. Ces axes d’amélioration ne se limitent pas à l’impact carbone, mais la majorité d’entre eux contribuent à diminuer les émissions de GES. Une fois les pistes de décarbonation et de réduction des impacts identifiées, l’organisation doit réaliser une étude de faisabilité et de définition des coûts.

En fonction des résultats, elle choisit ses leviers de décarbonation et les met en œuvre. Une nouvelle analyse de cycle de vie est ensuite réalisée pour vérifier la diminution des impacts et la présence éventuelle de transferts d’impacts. Si elle est satisfaite par les résultats, l’organisation peut mettre son produit ou son service sur le marché et communiquer de façon responsable sur sa démarche.

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