Plus de 77 % d'énergies renouvelables pour le réseau de chaleur de Chevilly-Larue, L'Haÿ-les-Roses et Villejuif

Pauline Courbé Dubost
Mis à jour le 15 avr. 2026
4 minutes

Décarbonation des systèmes de chauffage : en atteignant 77,2 % d'énergies renouvelables, le réseau de chaleur de Chevilly-Larue, L'Haÿ-les-Roses et Villejuif réduit sa dépendance au gaz et maîtrise ses coûts.

  • Dans un contexte international marqué par les tensions et les incertitudes, notamment liées au conflit au Moyen-Orient, la question des approvisionnements énergétiques se pose avec une acuité renouvelée, créant par ailleurs une forte volatilité des prix de l’énergie.
  • Dans la droite ligne du rapport publié par RTE fin 2025, les tensions géopolitiques ont relancé les débats autour de l’électrification des usages. Pour y répondre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait de premières annonces en la matière, ce vendredi 10 avril, ciblées sur les logements, les transports, l’industrie et l’artisanat. Dans le même temps, une mission a été confiée à la ministre déléguée chargée de l’Énergie, Maud Bregeon, visant à appuyer la contribution des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) pour soutenir le report des consommations énergétiques du pays vers l’électrique.
  • C’est dans un tel contexte que le Syndicat intercommunal à vocation unique (SIVU) pour la géothermie de Chevilly-Larue, L'Haÿ-les-Roses et Villejuif, la SEMHACH, l’entreprise Carrier et le groupe Hellio, ont organisé ce lundi 13 avril 2026 une visite de la centrale de géothermie de L'Haÿ-les-Roses, revenant sur une opération d’électrification du réseau de chaleur desservant 42 000 équivalents logements des trois communes du Val-de-Marne.
  • Dans ce cadre, huit pompes à chaleur haute température ont été installées entre les sites de Chevilly-Larue et de L’Haÿ-les-Roses, fournies par le groupe Carrier et financées à hauteur de 1,4 million d’euros de primes CEE, mobilisées par le groupe Hellio. Cette installation permet d’élever à 77,2 % d’énergies renouvelables le mix énergétique du réseau de Chevilly-Larue, L’Haÿ-les-Roses et Villejuif.

Un réseau de chaleur massivement décarboné, desservant 42 000 équivalents logements au cœur du Val-de-Marne

Le Syndicat Intercommunal à Vocation Unique (SIVU) pour la géothermie de Chevilly-Larue, L’Haÿ-les-Roses et Villejuif a été créé afin de construire et gérer un réseau de chaleur alimentant une grande diversité de bâtiments sur le territoire : équipements communaux, logements collectifs, installations sportives, sites industriels ainsi que des établissements de santé, dont notamment l’Institut Gustave Roussy. Pour en assurer l’exploitation, la conduite, la maintenance et le renouvellement des installations, le SIVU a créé la société publique locale SEMHACH.

Le réseau de chaleur dessert aujourd’hui l’équivalent de 42 000 logements en chauffage et en eau chaude sanitaire. Il s’appuie principalement sur trois centrales de géothermie d’une puissance unitaire de 12 MW thermiques, complétées par deux unités de cogénération à turbine à gaz de 8 MW thermiques et 5,5 MW électriques chacune.

La géothermie assure près de 80 % de la production annuelle de chaleur, tandis que le complément est fourni par des chaufferies gaz, centralisées et décentralisées, ainsi que par les unités de cogénération, mobilisées en fonction des besoins thermiques et des conditions économiques. L’ensemble de ces installations représente une puissance totale d’environ 100 MW thermiques, permettant de garantir l’alimentation de tous les abonnés, y compris lors des périodes de grand froid, jusqu’à -7 °C, température négative de référence en Île-de-France.

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Dans une période désormais révolue de stabilité du cours du gaz naturel et de bas coûts, un investissement massif dans des groupes de pompes à chaleur électriques avait été réalisé pour le réseau de chaleur de Chevilly-Larue, L’Haÿ-les-Roses et Villejuif, afin d’en décarboner la production. Si ce choix apparaît évident aujourd’hui, au cœur d’une nouvelle crise énergétique , ce projet apparaissait en 2019 comme très important en termes d’investissements par rapport aux solutions conventionnelles. La valorisation des Certificats d’Économies d’Énergie par Hellio nous a permis d’autofinancer une large partie de ces investissements, conduisant à atteindre l’un de ses objectifs principaux : produire une énergie locale à fort taux d’énergies renouvelables à un prix inférieur aux autres énergies.
Mélanie Nowak, Présidente du SIVU pour la géothermie à Chevilly-Larue, L’Haÿ-les-Roses et Villejuif

Une opération d’électrification du réseau de chaleur de Chevilly-Larue, L’Haÿ-les-Roses et Villejuif, avec l’installation de 8 pompes à chaleur

Engagée dès 2019 dans une démarche de décarbonation, la SEMHACH a installé huit pompes à chaleur entre les sites de Chevilly-Larue et de L'Haÿ-les-Roses, venant s’ajouter à l’ensemble des équipements de production de chaleur.

Fournies par le groupe Carrier, ces pompes à chaleur eau/eau réchauffent le circuit primaire de chauffage en refroidissant l’eau de réinjection, sans impact sur la température de la nappe profonde, ni à court ni à long terme. Elles génèrent ainsi une puissance supplémentaire de 14 MW tout en conservant une consommation électrique limitée : pour 1 MWh de chaleur produite, moins de 0,25 MWh d’électricité est nécessaire.

Ce dispositif permet de réduire significativement le recours aux énergies fossiles. Les chaudières gaz et les centrales de cogénération sont désormais reléguées à un rôle d’appoint, mobilisées uniquement en cas de besoin spécifique ou pour sécuriser l’alimentation du réseau. Grâce à cette évolution, le mix énergétique atteint 77,2 % d’énergies renouvelables.

Au-delà de son bénéfice environnemental, cette transformation contribue également à limiter l’exposition du réseau aux fluctuations des prix du gaz, assurant ainsi une meilleure maîtrise des coûts pour les abonnés.

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L’investissement dans les pompes à chaleur eau/eau constitue un tournant majeur dans l’accélération de la production géothermique de notre réseau de chaleur. La fin des contrats réglementés de vente d’électricité avec EDF a imposé à nos structures de repenser une partie de sa production énergétique. Les pompes à chaleur représentent une solution énergétique peu carbonée et pilotable. Elles augmentent de fait notre taux de production d’énergie renouvelable tout en ayant un coefficient de performance significatif.
Geoffrey Evesque, Directeur de la SEMHACH

Pour déployer cette solution, la SEMHACH s'est appuyée sur les technologies du groupe Carrier, dont les équipements permettent une production de chaleur décarbonée pouvant atteindre 85°C, tout en offrant une souplesse d'exploitation.

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La décarbonation des réseaux de chaleur passe par l’intégration de solutions performantes, flexibles et adaptées aux contraintes locales. Avec l’installation d’une solution haute température QUATTRO composée de 4 pompes à chaleur 61 XW, Carrier apporte une réponse technologique permettant de valoriser pleinement la ressource géothermale tout en réduisant significativement le recours aux énergies fossiles. Ce projet illustre concrètement notre capacité à accompagner les acteurs territoriaux dans leur transition énergétique, en combinant performance thermodynamique, continuité de service et pilotage intelligent des installations.
Maxime Gobin, Directeur commercial France de Carrier

Géothermie à l'Hay-Les-Roses

Une opération financée à hauteur de 1,4 million d'euros de primes CEE, pour accélérer la décarbonation du réseau de chaleur

Pour financer cette opération, la SEMHACH a fait appel aux compétences de Hellio, spécialiste des solutions de maîtrise de l’énergie et délégataire du dispositif des CEE. Afin de répondre à la spécificité des installations de production de chaleur des sites de Chevilly-Larue et L’Haÿ-les-Roses, le groupe a monté deux opérations spécifiques ayant permis la mobilisation de 1,4 million d'euros de primes, réduisant significativement le reste à charge de ce projet d’économies d’énergie.

En effet, afin d’encourager les projets les plus innovants, les opérations d’économies d’énergie qui ne s’inscriraient pas dans le cadre de fiches d’opérations standardisées peuvent se voir attribuer des CEE dans le cadre d’opérations dites “spécifiques” qui répondent à un besoin “sur-mesure”.

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À travers ces opérations spécifiques, le dispositif des Certificats d'Économies d'Énergie démontre sa capacité à financer des projets sur mesure, adaptés à des configurations techniques complexes. L'aboutissement de ce projet traduit la reconnaissance d’économies d’énergie réelles, et témoigne de l’engagement du groupe Hellio à accompagner la décarbonation des infrastructures énergétiques locales et l’accélération de la transition énergétique des territoires, par la mobilisation de son ingénierie financière.
Augustin Bouet-Mouttet, Vice-président du groupe Hellio
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