Podcast - Énergies d'entreprises : #3 L’INEC, passer d’une économie linéaire à une économie circulaire

Rédigé par Julie B.
23 juin 2021
Temps de lecture : 7 min
Podcast - Énergies d'entreprises : #3 L’INEC, passer d’une économie linéaire à une économie circulaire

Émission : Énergies d'entreprises - Podcast #3

L’INEC : passer d’une économie linéaire à une économie circulaire

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Chaque année en août, le jour du dépassement nous rappelle que nous avons dépensé l'ensemble des ressources que la Terre peut régénérer en un an. Dans cette conscience du champ fini de nos ressources, l’économie circulaire prend en compte la ressource dans l'ensemble des dynamiques économiques, en valorisant la réutilisation et la transformation. Pour cela, des leviers financiers et économiques existent, et des pistes pour imaginer un CER, un Certificat d’Économies à la Ressource sont étudiées, mais il subsiste des freins.

Emmanuelle Ledoux, directrice générale de l'INEC, nous montre que dans le contexte de la transition environnementale et écologique, il est aussi essentiel de traiter la question des énergies que celle de la ressource.


Qu'est-ce que l'INEC ?

L'INEC est une association loi 1901 qui a été créée en 2013 par le député des Bouches du Rhône François-Michel Lambert. L’association rassemble des adhérents avec cette particularité qu’elle fédère aussi des entreprises de toutes tailles, des start-ups, des associations, des académiques et des collectivités locales qui sont très engagées dans les questions de transition environnementale et d'économie de marché.


Quelles sont les missions et les actions concrètes que mènent l'INEC et pouvez-vous nous expliquer ce qu’est l'économie circulaire ?

On se définit comme l'organisme de référence et d'influence autour de l'intelligence écologique et d'économie de la ressource. L'objectif est de rassembler les parties prenantes, entreprises, associations, ceux qui pensent l'économie circulaire pour faire progresser ces sujets dans les textes de lois et les décrets, mais également dans la mise en œuvre opérationnelle dans les entreprises et les collectivités.

L'économie circulaire est la prise en compte de la ressource dans l'ensemble des dynamiques économiques. Et parce que nous sommes dans un champ fini de ressources, chaque année le jour du dépassement intervient entre juillet et août, il est crucial de trouver de nouvelles logiques économiques, de passer de l'économie linéaire à l’économie circulaire pour cesser de « vivre à crédit » et arrêter de consommer plus de ressources renouvelables par an qu’elles ne sont à notre disposition.


Quels sont les freins existants pour adopter de façon plus massive une économie circulaire ?

Comme dans beaucoup de domaines de l'écologie et des politiques sociales, on retrouve en 1er le frein économique car aujourd’hui, nous sommes sur des solutions souvent plus chères. Donc passer de l'économie linéaire à l'économie circulaire, c’est d'abord lever ce frein économique. Ensuite, il y a des freins réglementaires : utiliser un déchet comme ressource, parce que schématiquement l’économie circulaire repose sur ce principe, n’est pas toujours possible simplement.

Ces freins réglementaires légaux sont en train d'être levés grâce aux différentes réglementations mais il en reste encore et notre travail est de les lever au fur et à mesure. Et le dernier frein, le plus compliqué et le plus simple à la fois, est celui du changement de comportement : quand on a fonctionné pendant des décennies d'une certaine façon, il est très difficile de se mettre à agir autrement. Enfin, la dernière difficulté est qu’idéalement, il faut progresser sur ces 3 front en même temps : économique, légal et comportemental.


Pourquoi Hellio, acteur de l'économie énergétique, est adhérent de l'INEC depuis février 2021 ?

Il y a plusieurs raisons. Déjà, l’INEC et Hellio sont des acteurs de la transition environnementale et la dynamique d’économie d'énergie que propose Hellio a forcément un impact sur l'économie de la ressource. De plus, à l’INEC, nous sommes très intéressés par la dynamique des CEE telle qu'elle est construite, les certificats d'économie d'énergie qui est le champ d'activités d’Hellio : ce mécanisme a montré son efficacité dans le domaine des économies d’énergie et pourrait être utilement transposé dans le domaine de l'économie de la ressource, en travaillant ensemble sur un CER, un certificat d'économie de la ressource. Il y a 1 an ½, au moment de la loi anti-gaspillage, nous avions présenté un amendement pour une économie circulaire qui avait suscité de l'intérêt mais aussi des questionnements quant à sa mise en œuvre. Avec Hellio, nous pouvons revenir sur ce sujet avec une réponse plus tangible.


Vous travaillez effectivement avec Hellio à un meilleur financement des matériaux biosourcés dans la rénovation énergétique, y a-t-il déjà des avancées en la matière ? 

Il existe de nombreux matériaux plus respectueux de la ressource. De la même façon que le dispositif des CEE a pour vocation d’inciter à réaliser les travaux de rénovation énergétique les plus pertinents possibles, l'idée est de transposer cette dynamique et d’appliquer le mécanisme de financement des CEE à la ressource afin de lever le frein économique, même s’il reste un surcoût. Par exemple, un particulier qui engage des travaux de rénovation énergétique aura tendance à se diriger vers la solution générant le reste à charge le moins élevé, comme la laine de verre dans le cas d’un isolant. L’idée avec le CER est de se diriger vers un matériau biosourcé, en tout cas un matériau qui a un impact moindre sur la ressource, et que le surcoût soit pris en charge par un mécanisme compensateur type CEE élargi au champ de l'économie de la ressource.


Il n'y aurait effectivement que le reste à charge comme dans les CEE ? 

Exactement. Cela permet de lever le frein économique, et d'une certaine façon aussi, le frein de comportement et d'engager la réflexion sur ce point. L'objectif est de passer de l'incitation à la décision et on peut imaginer que tout monde aura envie de se diriger vers la solution la plus vertueuse. Cela peut aussi avoir un impact sur des logiques de réindustrialisation parce que dès lors qu'on est sur du réemploi ou sur du matériau recyclé, on est dans une sphère géographique plus restreinte. Donc cela peut avoir un impact vertueux à différents niveaux.


Comme les CEE, c'est un dispositif qui pourrait être disponible à la fois pour les particuliers et pour les territoires ou les entreprises ?

Oui, nous croyons beaucoup à la dynamique de la commande publique. En témoignent d'ailleurs les débats sur le projet de la loi climat, dans lequel la commande publique a connu le plus d'avancées en matière d'économie circulaire. Partir de la commande publique pour regarder comment pourrait exister ces dispositifs de CEE élargis à l'économie de marché, c'est infiniment intéressant. De plus, il y a beaucoup de collectivités en France et de nombreux travaux engagés, cela pourrait permettre de pousser des filières, par exemple celle du bâtiment qui est le plus gros fournisseur de déchets et qui est celui où on a le plus intérêt à agir en matière de ressources. 


Vous avez évoqué avant notre entretien l’exemple d’un bâtiment totem qui est l’école : comment une économie circulaire entrerait dans les usages, les comportements ? Et de quelle façon cela prendrait tout son sens avec les CER, les certificats d'économie à la ressource dans ce type d'établissement ?

L'économie circulaire est un concept récent, 2010 en France, et qui reste encore un champ d'intervention de spécialistes. On a encore du mal, et c’est normal, à avoir une vision holistique et globale de cette question, même si les gens savent de plus en plus de quoi il s’agit. On a donc cherché l'espace le plus signifiant possible pour un maximum de monde et on est arrivé naturellement à l'école, car dans une école, on peut faire à peu près tout ce qu'il est possible de faire en matière d'économie circulaire :  dans le bâtiment que l’on va construire ou rénover où, en fonction du choix des matériaux, l'impact sur la ressource ne sera pas du tout le même.

Dans l'approvisionnement énergétique, la boucle alimentaire à la cantine, l'achat des fournitures scolaires, des cahiers, des bancs etc. C'est un champ extrêmement large qui parle aux gens, aux élus et aux entreprises. C'est un très bon exemple qui fera bouger l'ensemble des parties prenantes si l’on trouve les leviers économiques permettant d'accélérer le choix circulaire dans la dépense publique. 


Finalement Hellio comme l'INEC, vous faites de l'éducation à l'environnement, n'est-ce pas la meilleure façon de former et de faire bouger les lignes ?

On croit beaucoup à cette dynamique d'exemplarité. Un enfant, un adolescent qui passe une grande partie de ses journées dans son établissement scolaire en percevra la dimension vertueuse si celui-ci est conçu dans cet esprit, si la dynamique d’économie de la ressource est présente à tous les niveaux, avec des circuits courts pour la cantine, pas ou peu de gaspillage alimentaire, avec des fournitures plus vertueuses, du papier recyclé ou des feutres que l’on remplit plutôt que de les changer. L’exemple de l’école permet d'avoir cette vision très large et très globale qui devient parlante et donc communicante et peut inciter d’autres bâtiments publics ou collectivités à s’inscrire à leur tour dans l’économie circulaire.


Il y a aussi le transport dans laquelle cette économie circulaire prend tout son sens, pouvez-vous nous parler du retrofit ?

Oui, le retrofit est l’action de transformer. C'est un sujet dont on parle depuis longtemps, qui s’appliquait aux poids lourds et qui a été rendu possible plus simplement depuis 2020. Aujourd’hui le retrofit pour une voiture, c'est le fait de transformer une motorisation thermique, qu’elle soit essence ou diésel en une motorisation électrique ou hydrogène au travers de la pile à combustible. On bénéficie d'ores et déjà d'aides pour opérer cette transformation mais elles sont loin de combler le coût. L'idée serait de rajouter le dispositif des CEE élargi pour que le reste à charge reste insignifiant. Il y a déjà des incitations, nous voudrions des décisions, aller suffisamment loin pour que le mouvement s'accélère. À l'échelle d'une flotte d'entreprise, cela peut être important : nous sommes souvent en contact avec des entreprises qui veulent procéder à la transformation de leurs flottes et cherchent comment le faire de la façon la plus favorable.


Et c'est là où Hellio a un rôle à jouer également ?

Typiquement, le mécanisme des CEE qui a fait ses preuves pourrait être utilement employé dans ce secteur. 


Quels sont vos prochains enjeux pour cette année 2021 et peut-être pour 2022 ?

Pour 2021, nous souhaitons poursuivre : le projet de loi Climat et Résilience a été adopté à l’Assemblée et il contient des éléments pour renforcer la commande publique circulaire, on y croit donc beaucoup. On attend la lecture au Sénat pour que la dynamique continue. Une mission parlementaire est également en cours, donc pour l’INEC, c'est l'année de la commande publique circulaire. En 2021, c’est aussi poursuivre les efforts de transformation de l'économie linéaire vers une économie circulaire, sachant que le contexte a montré que la sécurisation des approvisionnements était devenue une condition. Il y a eu une prise de conscience de la ressource, du fait qu’elle n'est pas toujours accessible comme on le souhaiterait, qu’il faut forcément travailler à un meilleur usage, et cela sur la durée.


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Tags associés : Témoignages, Podcast

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