Saga #TerritoiresEngagés #TransitionÉnergétique : le PNR des Landes de Gascogne

Rédigé par Amélie
Mis à jour le 10 déc. 2020
Temps de lecture : 7 min
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Jean-Philippe Ruguet PNR GascogneJean-Philippe Ruguet, chargé de mission énergie depuis 2015 au sein d’un des plus anciens Parc Naturel Régional (PNR) des Landes de Gascogne, est le nouveau témoin de notre saga #TerritoiresEngagés.

Il y impulse une multitude de projets liés aux enjeux de la transition énergétique autour de la valorisation du patrimoine naturel, paysager et culturel ainsi que sa dynamique durable, économique et social. Le territoire est déjà fortement équipé de systèmes de production d’énergies renouvelables : photovoltaïque au sol, centrale biomasse sur le sud du bassin… et complète son action en matière d’économies d’énergie !

GEO PLC : Quelle est votre fonction au sein du Parc Naturel Régional (PNR) des Landes de Gascogne ?

Jean-Philippe Ruguet : Ma mission au sein du PNR a commencé dans le cadre de la mise en œuvre du programme des Territoires à Énergie Positive pour la Croissance Verte (TEPCV)[1].

Je pilote les projets liés à la transition énergétique pour le territoire du Parc sur des thématiques comme le bâti, l’éclairage public, la mobilité qui s’inscrivent dans un projet global de développement de la production d’EnR et de réduction des consommations énergétiques avec des objectifs fixés et un programme d’actions. Depuis 2017, c’est la mise en œuvre des projets !

Il y a également une partie animation dont la vocation vise à créer, au-delà de la sensibilisation, une dynamique de réseaux professionnels et citoyens avec les acteurs du territoire autour de la transition énergétique.

GEO PLC : Présentez-nous le Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne.

Jean-Philippe Ruguet : le PNR des Landes de Gascogne, l’un des plus vieux parcs de France, a 50 ans cette année. Il regroupe 52 communes et s’étend sur plus de 330 000 hectares. Comme tous les Parcs, il a une identité géographique puisqu’il est constitué autour du fleuve – La Leyre – qui se jette dans le bassin d’Arcachon. C‘est un territoire de lagunes, entre le bassin versant et la forêt de pins abritant tout un îlot de feuillus. Côté faune, si sur le logo du parc on retrouve la poule et le renard, les espèces plus spécifiques sont le Fadet des laîches, la Cistude d’Europe, le brochet d’Aquitaine et l’hivernage très remarqué des grues cendrées.

De nos jours, les PNR sont des territoires de projets qui intègrent particulièrement les questions environnementales. Mais à l’origine, on parlait peu d’environnement : les priorités étaient plus autour du tourisme et du développement local.

Le PNR a été créé autour de deux équipements majeurs dont l’écomusée de Marquèze dans les Landes, qui accueille aujourd’hui 100 000 visiteurs à l’année et qui raconte l’histoire du territoire dans sa partie patrimoniale et culturelle à travers la réhabilitation des fermes landaises et la Maison de la Nature du bassin d’Arcachon, située aux abords de la Réserve Ornithologique du Teich, un site privilégié d’observation de la biodiversité du territoire girondin.

Petit à petit les questions environnementales se sont agrégées et nous sommes maintenant sur des enjeux que nous connaissons mieux en matière d’écologie, de biodiversité et d’eau.

GEO PLC : Qu’est-ce qu’un PNR et qu’implique un tel statut ?

Jean-Philippe Ruguet : c’est un Syndicat mixte administré par un Président et des élus représentant le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine, les Conseils Départementaux des Landes et de Gironde, les communes et EPCI du territoire ayant adhéré à la Charte et la Communauté d’Agglomération du Marsan. À la fois lieu de gouvernance, réserve de biodiversité, source d’innovations et entité géographique, nous sommes sur un organe délibérant sur la base de programmes et de partenariats avec ses trois collectivités constitutives (la région Nouvelle Aquitaine, le conseil départemental des Landes et le conseil départemental du de la Gironde qui sont aussi les financeurs principaux). Chacun porte sa voix pour voter le programme d’urbanisme, sur le tourisme, etc. Chacun est représenté à travers l’institution et finance différemment.

GEO PLC : Quels sont ses engagements environnementaux et énergétiques ?

Jean-Philippe Ruguet : le fonctionnement du Parc repose sur une charte élaborée pour environ 15 ans. Nous sommes actuellement dans l’exercice de la charte validée en 2014 jusqu’en 2029.

Les priorités : conserver la forêt, préserver la ressource en eau, développer l’urbanisme adapté au territoire, l’éco-tourisme, la conscience du territoire au sens de la dimension culturelle et patrimoniale. Le Parc est Agenda 21[2] depuis 2014, et si l’énergie et le climat ne font pas l’objet d’une priorité politique spécifique, ces derniers ont été intégrés dans tous les domaines d’aménagement du projet de Charte. C’est bien dans la transversalité avec toutes ses priorités que s’inscrivent les projets de la mission énergie que je pilote.

carte France PNR landes Gascogne

GEO PLC : L’implication écologique et énergétique est diversifiée au sein de votre territoire, quelles sont les grandes lignes de votre plan climat ?

Jean-Philippe Ruguet : une feuille de route a été écrite avec un double objectif :

  • Accompagner la production des ENR, sachant que le territoire est déjà fortement équipé de photovoltaïque au sol (1 000 hectares) et d’une centrale biomasse sur le sud du bassin qui produit non seulement de la chaleur, mais aussi de l’électricité (500 000 tonnes de bois consommées) et que le territoire n’est pas un territoire d’éolien ;
  • Développer des actions de réduction de consommation d’énergie en faisant parler des acteurs locaux qui interviennent sur les questions de mobilité et d’habitat et en identifiant les secteurs énergivores.

Concernant les circuits courts, c’est un territoire à 85 % forestier donc l’agriculture est une sylviculture ; et malgré une culture de maïs et de carottes, nous ne sommes pas un territoire du maraîchage, il n’y a pas une production qui soit destinée à alimenter le marché bordelais ou celui de Mont-de-Marsan.

GEO PLC : Selon notre sondage sur le regard des Français sur la rénovation énergétique, 90 % des sondés pensent que le maire a un pouvoir d’influence sur ses administrés. Quel est le véritable pouvoir d’influence et d’implication des maires de votre territoire pour accélérer la transition énergétique ?

Jean-Philippe Ruguet : c’est étonnant que la question ne soit pas posée au niveau de la communauté de communes parce que c’est un échelon qui s’est affirmé en l’espace de quelques années et si aujourd’hui le sentiment communal disparaît c’est parce que beaucoup de compétences ont été reprises par la communauté de communes, et pour autant, on reste sur un échelon très local !

Si les financements viennent bien des départements, des régions et de l’État, la commune demeure le niveau qui impulse les projets et le maire demeure l’élu de proximité par excellence auquel les populations s’adressent en priorité pour leurs besoins de déplacement, de logement et d’alimentation. Tout simplement pour ce qui fait leur quotidien.

GEO PLC : Quelle est la vision au sein de votre PNR et la place consacrée à la rénovation énergétique de façon générale ?

Jean-Philippe Ruguet : sur le territoire landais et la partie sud girondine du Parc, nous sommes sur la 4ème ou 5ème génération d’opérations programmées, d’amélioration de l’habitat (OPAH) et de rénovation énergétique. Il y a des enjeux forts sur ces rénovations de patrimoines privés car il y a des situations d’insalubrité. Les OPAH n’ont pas été mises en œuvre par le Parc. Le Parc n’a pas eu un rôle d’accompagnement des questions d’habitat en tant que tel depuis le début.

Le Parc a été positionné sur les enjeux de rénovation du patrimoine culturel, architectural, paysager. Le propos du Parc a été sur la dimension qualitative pas sur les questions sociales (Qui peut-on accueillir ? Comment ? Quels moyens ? Quelle stratégie d’accueil ?) ; c’était le rôle d’autres organismes. Il n’y a pas que des communautés de communes sur ces territoires, il y a eu aussi les Pays et des associations de développement local qui ont géré ces programmes via des stratégies de type programmes locaux de l’habitat. Aujourd’hui, ce sont des choses qui se poursuivent.

Sur la partie landaise, il y a un volet accompagnement qui s’est enrichi d’un accompagnement énergétique plus fort et qui soutient les particuliers.

Concernant les bâtiments publics, en 2018 nous étions sur des stratégies avec des financements plus ou moins assurés : appels à projets ponctuels sur bâtiments du futur, rénovations exemplaires de bâtiments de temps en temps…

C’est à ce moment que nous avons eu connaissance du dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Cette logique financière totalement nouvelle pour nous, complexe, presque irréaliste avec laquelle nous avons dû nous familiariser.

Territoires engagés PNR Landes Gascogne chiffres clés

GEO PLC : Quels sont les projets forts et les mises en œuvre marquantes au sein du PNR des Landes Gascogne dans le cadre des TEPCV ?

Jean-Philippe Ruguet : la plus belle opération a été celle de finaliser la rénovation des espaces administratifs de l’écomusée de Marquèze. Nous avons pu aller au bout d’une rénovation exemplaire avec un intervenant connu localement en matière d’ingénierie énergétique. Nous avons poussé un programme en maîtrisant l’entrée des matériaux, les aspects patrimoniaux, et les CEE ont été un levier financier important pour finaliser ce projet.

GEO PLC : Comment avez-vous connu GEO PLC ?

Jean-Philippe Ruguet : nous avons connu GEO PLC au moment où l’enjeu de l’accompagnement pour démystifier le dispositif des CEE et le mettre en œuvre en sein du PNR s’est posé. L’important était d’avoir les interlocuteurs les plus pointus, les plus explicites et les plus rassurants.

Lors de nos mises en concurrence, Monsieur Bouet a toujours apporté à nos questions une réponse précise et une forme d’engagement notamment sur la capacité à réaliser de multiples opérations pour les petites communes du territoire quelque la dimension financière.

GEO PLC : Quelles opérations ont été réalisées avec GEO PLC ?

Jean-Philippe Ruguet : Nous avons mené une cinquantaine d’opérations de rénovation de bâtiments publics sur une trentaine de communes du Parc. Toutes les petites communes en ont bénéficié. Nous n’avons pas laissé les grandes communes de côté, mais celles du Bassin d’Arcachon ont plus de moyens et ont également un dispositif CEE. Nous avons joué la carte de la solidarité.

GEO PLC nous a également accompagné sur un programme d’éclairage public avec les syndicats d’électricité départementaux.

Territoires engagés PNR Landes Gascogne

GEO PLC : Comment jugez-vous cette collaboration ?

Jean-Philippe Ruguet : nous avions un staff d’ingénieurs GEO PLC au service des petites communes : l’accompagnement et la réactivité à distance étaient exceptionnels et parfaits.

C’était comme si on avait un bureau d’études localement sur quelque chose qu’on était incapable de faire tant sur l’ingénierie financière que sur l’ingénierie technique et sur des dossiers qui sont compliqués à monter.

Ça a incité le territoire à être très réactif : GEO PLC est venu deux ou trois fois sur le territoire ; nous, de notre côté, avons su animer, mobiliser, avec un ou deux élus qui étaient particulièrement moteurs.

GEO PLC : pour revenir à l’actualité, quel est et quel sera l’impact de la COVID-19 sur l’activité du PNR des Landes Gascogne ?

Jean-Philippe Ruguet : la crise sanitaire a été un véritable choc. L’activité économique du Parc repose quand même sur deux équipements touristiques, patrimoniaux et environnementaux qui accueillent chaque année entre 150 et 200 000 personnes avec une saison qui démarre en avril et se termine en octobre et qui n’ont pas, comme d’accoutumée, travaillé sur les ailes de saison. Si la fréquentation estivale n’a pas été dramatique, elle n’a toutefois pas suffi à compenser le manque à gagner qui risque d’impacter le budget global de la structure mais aussi le développement local et l’aspect programmatique. Mais pour l’instant, pas de scénarios catastrophiques.

GEO PLC : La rénovation énergétique est largement plébiscitée dans le cadre de la relance post Covid… Quelle vision et quelle place lui consacrez-vous pour le PNR ?

Jean-Philippe Ruguet : nous avons pour l’instant encore du mal à nous positionner dans une logique de relance. Nous essayons déjà de porter les projets déjà impulsés comme celui de l’éclairage public.

Nous attendons des partenaires comme GEO PLC qu’ils nous aiguillent vers toutes les stratégies de financements de projets mobilisables qui perdurent, qui ne viendront pas grever les budgets existants et qui pourront être présentées aux élus pour relancer l’activité touristique du Parc.

Au début de la crise, nous étions sur le plan de financement d’un projet de 100 gîtes touristiques avec la Caisse des Dépôts. Nous ne pouvons pas l’abandonner ! Maintenant, sachant que les CEE peuvent être mobilisés sur de tels programmes, la rénovation énergétique est sans aucun doute un axe de réflexion pour des collectivités sur leur positionnement.


[1]Territoire d’excellence de la transition énergétique et écologique. La collectivité s’engage à réduire les besoins en énergie de ses habitants, des constructions, des activités économiques, des transports, des loisirs. Elle propose un programme global pour un nouveau modèle de développement, plus sobre et plus économe.

[2]Programme politique de réflexion et d’actions qui décline sur les collectivités territoriales les objectifs de développement durable issus du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992.


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